Site réalisé par O. Becker, T. Carlucci, F. Taris

Présentation du projet



Le département SYRTE de l'observatoire de Paris est impliqué depuis quelques années dans l'observation aux longueurs d'onde optiques des Noyaux actifs de galaxies (NAG). Ces observations doivent permettre de participer au raccordement des systèmes de référence radio (ICRF) et optique (futur Gaia-CRF). L'un des axes de recherche concerne l'observation sur de longues périodes de temps (quelques mois à quelques années) des variations de magnitude des NAG. De telles séries temporelles sont par ailleurs rares et limitées à quelques sources seulement. A l'aune de la mission Gaia, de plus en plus de groupes de recherche internationaux s'investissent dans les aspects observationnels à l'aide de télescopes robotiques. Le SYRTE a donc logiquement souhaité disposer d'un tel télescope pour mener à bien ses recherches. Notre projet d'implantation d'un télescope robotique doit se dérouler en trois phases.

La première phase concerne l'étude du seeing de l'atmosphère de Saint-Véran. Cette étude, bien que seulement commencée en 2015, montre déjà que la qualité du site est bien celle que l'on attendait. La deuxième phase concerne l'étude de faisabilité in situ du projet, en réalisant, jusqu'à la fin de la mission Gaia nominale (2019) et au-delà, des observations scientifiquement exploitables à l'aide d'un télescope de test. Elle vise aussi à démontrer la possibilité de robotiser ce télescope de tests à 3000m d'altitude, au Pic de Chateaurenard. Enfin, la troisième et dernière phase, pendant la mission Gaia nominale mais également au-delà (l'extension de la mission jusqu'en 2020 étant acquise, cette extention pouvant être renouvelée jusqu'en 2024), concerne l'implantation proprement dite d'un télescope de 0.80/1.00m au Pic.

Ce projet se situe dans le cadre de la mission spatiale Gaia de l'ESA, de l' ICRS-PC, composante de l'IERS en charge du lien entre les différents systèmes de référence, mais aussi dans le cadre des missions générales du SYRTE. Le but scientifique de notre projet, la participation au raccordement des systèmes de référence ICRF/Gaia-CRF, ne peut se concevoir sans la construction d'un télescope robotique à l'observatoire de Saint-Véran.

Quelques éléments pour aller plus loin:

- Histoire de l'Observatoire du Pic de Chateaurenard à Saint-Véran (Hautes-Alpes)
- Projet scientifique
- Base de données d'images (Pas encore publique)
- Quelques liens vers des congrès internationaux (avec des pdf de présentations).

Phase I du projet (septembre 2015) : Requalification de l'atmosphère de St-Véran

Le projet de (re-)qualification de l'atmosphère de St-Véran, démaré en septembre 2015, a reçu le soutien financier de l'Action spécifique GRAM (Gravitation Références Astronomie Métrologie) du CNRS et de l'Observatoire de Paris (par l'intermédiaire de son Conseil scientifique et de l'Action fédératrice "exploitation de Gaia").
Cette (re-)qualification passe par la mesure du seeing, des divers paramètres météo classiques (température, pression, humidité, vitesse et direction du vent) et par le comptage des étoiles visibles à un instant donné au cours de la nuit (voir la "Page d'accueil" de ce site ainsi que les pages "Statistiques" et "Archives"). Cette dernière information permettra de quantifier le nombre de nuits astronomiquement exploitables tout au long de l'année.

L'ensemble de ce projet est réalisé grâce à l'aide précieuse de l'association AstroQueyras.

La station météo " Sentinel " a été conçue par la société Shelyak instruments.
La Allsky Camera (OMEA 3M) est intégrée dans le réseau FRIPON. Cette dernière (qui permet le comptage des étoiles) ainsi que le "Mini Cyclop seeing monitor " ont été conçus par la société ALCOR-SYSTEM.


La station météo (Sentinel) au Pic de Chateaurenard, alt. 2930m (Crédit : F. TARIS, SYRTE-OP)


La AllSky Camera (OMEA 3M) au Pic de Chateaurenard, alt. 2930m (Crédit : F. TARIS, SYRTE-OP)


Le Seeing monitor (Cyclop) au Pic de Chateaurenard, alt. 2930m (Crédit : F. TARIS, SYRTE-OP)

Une mission au Pic de Chateaurenard impliquant astronomes amateurs et professionnels (SLA et le département SYRTE de l'Observatoire de Paris) ainsi qu'un industriel (ALCOR SYSTEM) a été effectuée en septembre 2016 pour tester différentes méthodes de mesure du seeing (traces stellaires/DIMM/Seeing Monitor). Les résultats sont ici.

Phase II du projet (juillet 2017) : Robotisation du RC-500 de l'association AstroQueyras


** Le télescope et sa coupole **

Le projet de robotisation du télescope Astrosib RC-500 de l'association AstroQueyras a reçu le soutien financier de l'Observatoire de Paris et du SYRTE. Il a débuté au mois de juillet 2017. Des codeurs absolus ont été integrés à la monture par la sociéte Optique&Vision (F. Valbousquet).

Le télescope RC500 de l'association AstroQueyras en cours de robotisation (Août 2017, Crédit : F. TARIS, SYRTE-OP)

Une caméra vidéo AXIS M2025-LE a été installée à cette occasion sous la coupole afin de vérifier en temps réel l'attitude du télescope ainsi que l'ouverture/fermeture des trappes.

** Premiers tests **

Après l'automatisation de la coupole Ash-Dome réalisée par la société ALCOR-System en collaboration avec Claudine Rinner, les premiers tests ont été effectués le 31 octobre 2017 et les premières images obtenues le 23 janvier 2018.

Toute première image obtenue avec le télescope RC500 de l'association AstroQueyras, piloté depuis l'observatoire de Paris le 23/1/2018 (Crédit : F. TARIS, SYRTE-OP). L'image est brute i.e. non prétraitée


Première image obtenue avec le télescope RC500 de l'association AstroQueyras, piloté en mode "remote", par des astronomes amateurs le 15/4/2018 (Crédit : M. Marcos, AstroQueyras)


** Collaboration avec l'USNO (United States Naval Observatory, Washington, USA) **

L'observatoire naval des Etats-Unis à Washington (USNO, United States Naval Observatory) est, tout comme l'Observatoire de Paris, impliqué dans l'astrométrie de haute précision, en particulier pour l'établissement, le raccordement et la maintenance des systèmes de référence. En avril 2018 une équipe de chercheurs de l'USNO est venue à l'Observatoire de Paris afin d'établir, dans le cadre de l'ICRS-PC, des collaborations avec une équipe du SYRTE. Elles portent sur tous les domaines d'activités communs et en particulier sur l'observation des AGN dans le domaine optique. Pour ce faire l'un des astronomes de cette équipe (N. Zacharias) pilote un projet de construction d'un télescope robotique de 1m de diamètre dans l'hémisphère sud à l'observatoire du Cerro Tololo au Chili. Le projet du SYRTE et celui de l'USNO (Deep South Telescope, DST), bien que développés en totale indépendance, sont donc absolument identiques. Loin d'être concurrents ils sont au contraire très complémentaires. Le télescope de Saint-Véran observera les AGN accessibles depuis l'hémisphère céleste nord, le télescope américain ceux accessibles depuis l'hémisphère céleste sud. Les deux projets ont également été présentés pendant l'Assemblée générale de l'Union astronomique internationale à Vienne en Autriche en août 2018. Le projet DST a bénéficié du contexte favorable d'un observatoire è l'infrastructure éprouvée. Il a été mis en oeuvre en août 2017 et devrait être finalisé en janvier 2019. En attendant les premières observations des deux T1m, le RC500 sera mis a contribution afin d'observer, en collaboration avec l'USNO, les variations "intranight" des sources de raccordement. Ces observations seront effectuées durant l'hiver 2018/2019. Elles permettront à la fois de démontrer la faisabilité in situ du projet tout en réalisant des observations scientifiquement exploitables. Elles seront également à la base d'un article scientifique, amorçant ainsi la collaboration entre l'Observatoire de Paris et l'UNSO dans le domaine de l'observation optique des AGN.

** Groupe Remote AstroQueyras : GRAQ **

Afin de garantir l'accès du RC500 aux membres d'AstroQueyras, le "Groupe Remote AstroQueyras" (GRAQ) a été créé en juin 2018 suite â l'assemblée générale de l'association.

Phase III du projet (septembre 2018) : Le télescope de 1m


** Construction de l'abri du télescope **

La troisième phase du projet a commencé en septembre 2018 par la construction du pilier en béton qui supportera le télescope.

La pilier support du T1m (crédit : F. TARIS, SYRTE-OP)

L'observatoire de Saint-véran et l'emplacement du T1m crédit : F. TARIS, SYRTE-OP)